Une vie rêvée

 

 

Il est monté l’envie de partager ce que ce film a réveillé en moi, tout simplement.

 

Les musiques de film et moi, c’est une grande histoire d’amour.

 

Oui, un film est un voyage dans une contrée imaginaire, mais surtout, ce qui en reste après la projection, et qui survit quand j’écoute la BO, c’est un espace de sensations et d’émotions. Gladiator, Kundun, Fratello Sole…Ma bibliothèque de musique de films, c’est un peu ma banque de ressentis.

 

Pendant mon enfance, je les visitais comme on se replonge dans un souvenir qui fait du bien, juste par plaisir. Aujourd’hui, ce n’est plus la nostalgie qui me guide: je laisse les musiques m’emmener vers des espaces intérieurs où je fais parfois, par l’écriture, des voyages que je ne peux qualifier autrement que de chamaniques. Je me laisse porter sur les ailes d’une vague de sensations, comme sur les volutes d’un parfum unique qui a résonné avec mon cœur et mon corps, et parfois, des images apparaissent. Quand je les suis, le fil me porte à la rencontre de lieux inconnus, de guides cachés, de messages pleins de sagesse (ensuite, la mise en pratique est une autre affaire!).

 

Walter Mitty, c’est une note sucrée mêlée de vent. Je n’ai pas encore fait de trip avec, mais le décollage est imminent :). Pour l’instant j’écoute en boucle quelques morceaux, juste pour savourer le plan dans lequel ils m’emmènent.

 

Je vois deux raisons pour lesquelles la musique et le film me touchent.

D’abord, le film a ravivé mes souvenirs de voyage seule, surtout ceux que j’ai fait en Nouvelle Zélande, emmenée par une passion dévorante pour le Seigneur des Anneaux, qui a muté en amour pour la terre des Maori. Voyager seule dans mon cas, c’est collectionner les moments où le cœur s’ouvre devant une beauté savourée à travers l’unique expression du divin que je suis, et où il se brise aussi un peu de ne pouvoir partager un émerveillement qui m’est propre.
Mon rêve d’artiste c’est d’emmener les autres dans mes ressentis.

 

La deuxième raison est que ce film répond à une perception que j’aimerais un jour illustrer: chaque vie est épique, même la plus modeste, la moins extraordinaire. A la dimension d’une vie « simple » en apparence, certains gestes sont des exploits dignes de la première traversée de l’Atlantique en avion, et certains dénouements méritent tous les violons d’Hollywood. Ce film en est une illustration poétique.