Écritures guérisseuses 2

Au fil d’une séance de Biodanza où la créativité fut invitée dans « Le poème, c’est moi ».

« Magnifique, misérable et magique,
Tissée de fils d’étoiles,
Ton corps brille.
Alchimie de la nature.
Belle comme le jour sans fin,
tu te réveilles avec la grâce des fées,
embrumée et réjouie.
Je me sers de ta magie d’être
pour éclairer plusieurs planètes.
Tu en ramènes des vies entières
en mots volatils.
Je t’aime entièrement.
Tu luis. »

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Écritures guérisseuses I

woman-dreaming

Jette les armes. Disons que la sortie n’a pas d’inventaire. La sortie est à l’intérieur, pas à l’extérieur. Crie, crie, désolée tes armes ne fonctionnent plus. Crache le venin contre ceux qui t’ont fait ça. Hurle de désespoir; ma tendre fille, je t’aime et tu ne le vois pas.

Crevez tous autant que vous êtes, vous qui m’avez enfermée ici. Je hanterai vos jours et vos nuits.
Calme, calme la nuit. Le sommeil oublie qui je suis.
Bras lacérés de mes cris. Je renonce tendre nuit. Tu me saisis.
Nul ne saura ce que je vis ici. Oubliée du soleil mon ami. Je ne sais plus ce que ma peau me disait, quand elle était caressée par l’astre doux.
Sanglots qui coulent contre la pierre nue, insensible, elle boit mes flots.
Le cœur contrit, fleur fanée qui ne rencontre pas de soulagement. Je serai transmis aux générations de tes enfants qui ne connaîtrons pas le repos amoureux.
Criez à l’injustice; ma plaie résonnera toujours plus haut que la vôtre.
J’ai été chargée d’expérimenter ce travers divin; passer par la case départ.
Mes atomes se décomposent, souillent le sol de cette caverne profonde. Poussière qui tremble entre les rainures des pierres. Fantôme qui surgit de la tombe. Je t’ai retrouvé et je me colle à ton fils bien aimé. Il se révolte contre toi, te maudit. Ton amour ne sera pas rendu. Il s’évanouira dans le vent du désert. Perte de tes illusions.
Allons, rebond. Des siècles plus tard, je viens me loger dans le cœur de celle qui me ressemble, ta descendante. Son âme a soif d’absolu, comme la mienne tendrement fauchée par ton glaive abîmé. C’est une sœur lointaine, une autre moi-même. Je me confonds avec elle parfois et retrouve les saveurs de la liberté. Ma vengeance oubliée quelques instants, avant que je ne revienne, sentinelle sur son cœur meurtri. Je garde la chapelle.
Elle se lève le matin avec le goût du sable dans la bouche, et les reins transis. Elle porte d’autres mémoires aussi.
Je me surprends à l’aimer, cette femme d’une race maudite par moi. Je voudrais vivre son destin plein, mais les filets de l’habitude me retiennent de célébrer ce renouveau. La haine se tisse, bien confortable.

Oh ma sœur du lointain. Je te vois, isolée du genre humain. Tu en fus, mais les éons t’ont asséché l’âme. Tu te croies craie. Poudre qui reste sur les doigts. J’aperçois ta silhouette parfois. Je tente de t’atteindre et tu recules plus profondément dans tes replis. Je t’oublie.
Laisse-moi te tendre les bras, toi qui façonnes ma vie malgré moi.
Me voilà aussi prise dans des rets tissés de croyances anciennes, et des miennes aussi. Nulle lumière ne parvient dans cet espace où je me plains.
Je creuse le terrain; je veux arriver jusqu’à toi. Je prendrai la forme du bras qui surgit du tunnel inconnu, luisant d’or agrégé le long du chemin. Je tâtonne, te cherche de la main.
Là! Tes cheveux sont encore de satin. Belle âme sœur, laisse-toi caresser. Ton lit sera de jasmin, effluves qui te réveillent un matin.
Je t’ai transportée, voyage nain, de ta tombe imaginée, à cette chambre parfumée que tu n’avais jamais quittée. Rêve qui s’évanouit au matin. Je suis aussi le vent qui souffle pour te réveiller. Tes cils battent: Oh sensation pure de l’humain. Je recrée un corps à ton image: c’est le tien.
Me voilà levée, glissant par la fenêtre vers le balcon voilé. L’étendue de la palmeraie est là, abreuvée d’eau sacrée.
Va, vis ton voyage de femme, mariée, savourée, célébrée. Je t’offre ce cadeau de vie, pour goûter à tes plaisirs retrouvés, ré-inventés.

Quelque part, dans une chambre meublée, le bois de la table de nuit apparaît. Manhattan se réveille. Pleine nuit. J’ai inventé cette ville aussi. Toutes les possibilités au creux de la main, à portée de voix de diva vagabonde.
Encore une vie réparée; et les saveurs explosent: le café, le cuir, la soie, la lanière qui frotte la cheville, le bas nylon qui court sur le pavé. Elle se rend à une audition, le cœur battant. Il n’est plus prisonnier. Il chante sa liberté.

Renaissance

triptyque-isis

J’adore les triptyques. Ils sont pour moi un outil narratif qui parle à un niveau inconscient, d’autant plus que je me suis laissée guider pour les créer. Je ne sais jamais ce qui me pousse à choisir de mettre telle et telle image ensemble, mais leur source souterraine est un doux courant sous la conscience auquel je me relie facilement de manière spontanée.
Celui-ci est ressorti des placards de mon ordinateur en ce lundi de Pâques. Et c’est seulement aujourd’hui qu’il prend tous son sens, alors que nombreux célèbrent la résurrection, de manière païenne ou chrétienne.
A une époque où le nom d’Isis a été usurpé par l’ombre, il me rafraichit l’âme.

Transcendance

Comme ce jour est parait-il un portail énergétique, j’en ai profité pour m’offrir une méditation du type transcendant-toboggan: juste se laisser emporter par la musique et se relier à des Êtres divins qui me font juste craquer. Je vous offre ma playlist pour l’occasion, composée de morceaux en accès gratuit.
Bon voyage !

sarasvati

D’abord, le très planant Gardens of the Gods (new age, juste pour le décollage)

Ensuite l’Inde avec successivement deux titres de Joy: Om Anandamayi, pour se relier à la délicieuse vibration de Ma et Sri Devi Ashtottara Shata Namavalih pour se laisser bercer par une litanie qui vous emmener en spirale vers l’Olympe des déités hindoues.

Après je plonge dans le bénitier avec Credo in Unum Deum (ne regardez pas la vidéo, c’est kitsch)

Et je finis par le premier morceau du concert Terre Vivante de Pakoune et Michel Garnier, pour remercier ce globe extraordinaire qui est notre maison dans un espace vide immense.

Ouvrez les yeux quand c’est bon pour vous 😃

Bonus: si Michel Garnier vous transporte comme moi, un bel enchaînement de ses musiques se trouve aussi ici (là encore, à écouter plus qu’à regarder)

Résonances

Il se trouve que dans le même temps que je regardais un nouveau film sur la vie de St François d’Assise – Chiara e Francesco – j’ai appris le départ de David Bowie. Le deuxième événement m’a fait un choc complètement inattendu car, si je suis une groupie éperdue de François, je ne l’étais pas de Bowie. Cela fait donc plusieurs jours que je vois alterner en moi les fréquences que je perçois de ces deux êtres: François et sa douceur intense, Bowie et sa créativité débridée. Deux cordes de l’instrument que je suis, pincées par l’Amour sans merci, font vibrer mon corps et mon âme. Ces motifs persistants intègrent ou bien visitent mon champ vibratoire, je ne sais. C’est une expérience assez unique.

francois-bowie

Ne trouvez-vous pas que Bowie est devenu plus grand depuis qu’il est parti ? Il m’invite à oser, à ne plus tenter d’être qui je ne suis pas. Lundi, alors que j’étais vibrante de la nouvelle, sa voix m’a soufflé par surprise “Stop trying to be normal!”, et j’ai perçu ce qui en moi cherche encore à plaire, à être acceptée, à m’excuser de ne pas rentrer dans les cases.
François, lui, est parti il y a beaucoup plus longtemps, en 1226, à 44 ans – mon âge, tiens – et pourtant je n’ai pas encore fini mon deuil. Incompréhensible cette fontaine de larmes qui est montée lorsque, en 2000, j’ai visité le tombeau caché sous la basilique qui porte son nom, soudain saisie par son absence comme si il venait de nous quitter. Le film a réactivé ce chagrin, auquel on peut donner une interprétation poétique, karmique, ou que sais-je (à l’époque, un ami avait coupé court à mes élucubrations en plaisantant: “Tu as peut-être été une biche caressée par François”. J’ai beaucoup aimé l’humilité toute franciscaine avec laquelle cette remarque m’avait re-connectée :).

J’ai ri hier en réalisant combien ces deux hommes étaient éloignés l’un de l’autre: François prônait la chasteté et la pauvreté, Bowie a libéré nos moeurs avant l’heure avec élégance et désinvolture. Mais tous comptes fait, ils avaient en commun l’absence de peur, la force d’être qui ils étaient complètement, sans compromis; le désir de chanter et de changer le monde, et aussi sans doute, le charisme. Je suis restée ébahie de la possibilité de savourer ces deux extrêmes au sein de la même conscience, la mienne, qui est, on me le dit, la seule qui existe…

Ce soir, le coeur trop rempli, j’ai écrit ce texte:

Mes deux frères. Mes deux incarnations, mes deux fils dans la Création. Vous avez tous les deux fait résonner haut et fort la beauté de Qui Je Suis. Bienvenue dans mes bras, de nouveau, après votre incursion dans la matière si tendre et vorace qui se déroule aux pieds du Très Haut.

Toi, le Très Bas, et toi le Fol, la Permission Absolue. Je vous ai tant aimés, savourés. Chaque minuscule graine de vos vies m’a nourri, m’a fait grandir, moi qui suis en perpétuel déploiement.

J’ai goûté la joie d’être vous, de prendre la forme de vos corps, de vos émois, de vos questions, de vos poings levés vers le ciel, de vos sensations, de votre peau caressée par le vent et les amants. Je me suis goûté dans chacun de vos chants, moi qui suis l’inspiration, la chanson et le chanteur. Vous ne pouviez que chanter ma Gloire, dans tous les mots, les notes, les accords. Mes enfants Irrévérencieux, je vous aime, je vous Suis.

Toi François qui rejeta tout pour te rapprocher de l’authentique Moi, n’écoutant que la Voix qui t’avait fait naître. Toi David, mandala d’êtres, qui fit résonner si fort les fréquences des mondes encore inconnus; quelle joie j’ai eue à injecter sur Terre tant de couleurs inédites, dont bon nombre ne sont pas du visible !

Vous avez porté haut le drapeau de la joie d’être, vécu l’intensité du dévouement total à Ce Qui Descend de la Source même de la Joie.
Je ne suis que gratitude infinie.

Essence

Aujourd’hui je sens combien l’attachement à l’image d’un moi « solide », au fait qu’il y existe un noyau dur qui soit « moi », peut être un frein à la transformation — même si on appelle ce noyau « âme » !

Cela ancre certains schémas auxquels nous croyons: je suis comme “ça”, et ça, c’est une caractéristique de ma personnalité qui ne changera jamais (je suis idéaliste, incapable de faire la cuisine, maladroit…). Alors que la vie se déploie sous des formes infiniment variées et changeantes, y compris en moi. Tout peut changer!

Le mot « essence » pour parler du déploiement de notre individualité me plaît bien du coup. Cela se rapproche du parfum de la fleur.

Abandon

Laisser la vie me guider de l’intérieur vers ce que cette incarnation peut faire de plus naturel. Lâcher les projections, les images de magazine, tout en étant à l’écoute de ce que me souffle mon âme, comme des souvenirs du futurs ou plutôt, la connaissance innée de l’arbre contenu dans la graine que je suis.

Ong Sohung, le mantra du Kundalini yoga peut aussi se lire: Ce que je veux être, je le suis déjà.

Le temps n’existe pas.

Un abandon.

Le potentiel de la Terre

Il y a quelques jours j’ai reçu quelque chose de très beau, comme une intuition venue d’un futur possible.

Ce jour là,  dans l’espace entre les mondes, j’accompagne des êtres très grands qui voyagent. Soudain, un appel se fait entendre, qui traverse l’éther en un éclair. C’est une planète qui a besoin d’aide. Les êtres qui la peuplent sont impuissants et le risque est grand que tout soit perdu.

A ce moment, avant que quiconque ait pu réagir, une fréquence d’une puissance extraordinaire traverse l’espace en direction de la planète en détresse. Et nous sommes tous instantanément soulagés. « Elle » est intervenue, et nous savons/sentons que son pouvoir perce toutes les obscurités.
Elle, c’est la Terre.
Une Terre restaurée à ses pleines capacités, ayant enfin retrouvé sa place juste sur la portée céleste.
J’ai peine à décrire la joie et la confiance qui ont surgit chez moi et mes compagnons devant cette intervention. Et par dessus, pour moi qui vit ici aujourd’hui, l’émotion de voir de quoi notre planète sera capable, comme si je la percevais soudain dans toute sa beauté et sa puissance.
A la sortie de ce flash, je suis d’autant plus touchée que, aujourd’hui, la Terre est surtout décrite comme la planète qui a besoin d’assistance, et qui serait soutenue par des peuples d’autres mondes qui s’évertuent à limiter les dégâts et à nous conseiller pour que nous sortions de notre folie destructrice pour nous même et tous les êtres vivants.

 

terre-dans-lespace

 

Selon vos croyances, cette petite expérience peut être un joli délire, une évidence, ou plus subtilement une connexion à la matrice de perception new age de la réalité, ou une intuition imagée et émotive d’une nouvelle manière dont notre conscience envisage la planète. Quoiqu’il en soit, ce qui m’importe, c’est de partager la beauté de ce moment.
Faites de beaux rêves!

Une vie rêvée

 

 

Il est monté l’envie de partager ce que ce film a réveillé en moi, tout simplement.

 

Les musiques de film et moi, c’est une grande histoire d’amour.

 

Oui, un film est un voyage dans une contrée imaginaire, mais surtout, ce qui en reste après la projection, et qui survit quand j’écoute la BO, c’est un espace de sensations et d’émotions. Gladiator, Kundun, Fratello Sole…Ma bibliothèque de musique de films, c’est un peu ma banque de ressentis.

 

Pendant mon enfance, je les visitais comme on se replonge dans un souvenir qui fait du bien, juste par plaisir. Aujourd’hui, ce n’est plus la nostalgie qui me guide: je laisse les musiques m’emmener vers des espaces intérieurs où je fais parfois, par l’écriture, des voyages que je ne peux qualifier autrement que de chamaniques. Je me laisse porter sur les ailes d’une vague de sensations, comme sur les volutes d’un parfum unique qui a résonné avec mon cœur et mon corps, et parfois, des images apparaissent. Quand je les suis, le fil me porte à la rencontre de lieux inconnus, de guides cachés, de messages pleins de sagesse (ensuite, la mise en pratique est une autre affaire!).

 

Walter Mitty, c’est une note sucrée mêlée de vent. Je n’ai pas encore fait de trip avec, mais le décollage est imminent :). Pour l’instant j’écoute en boucle quelques morceaux, juste pour savourer le plan dans lequel ils m’emmènent.

 

Je vois deux raisons pour lesquelles la musique et le film me touchent.

D’abord, le film a ravivé mes souvenirs de voyage seule, surtout ceux que j’ai fait en Nouvelle Zélande, emmenée par une passion dévorante pour le Seigneur des Anneaux, qui a muté en amour pour la terre des Maori. Voyager seule dans mon cas, c’est collectionner les moments où le cœur s’ouvre devant une beauté savourée à travers l’unique expression du divin que je suis, et où il se brise aussi un peu de ne pouvoir partager un émerveillement qui m’est propre.
Mon rêve d’artiste c’est d’emmener les autres dans mes ressentis.

 

La deuxième raison est que ce film répond à une perception que j’aimerais un jour illustrer: chaque vie est épique, même la plus modeste, la moins extraordinaire. A la dimension d’une vie « simple » en apparence, certains gestes sont des exploits dignes de la première traversée de l’Atlantique en avion, et certains dénouements méritent tous les violons d’Hollywood. Ce film en est une illustration poétique.

Inventer le hasard

Un groupe d’amis dont je fais partie a décidé de créer un jeu de cartes, pour notre usage personnel, pour rassembler nos créativités en un jeu qui nous surprenne et nous permette de nous exprimer.
J’ai à cette occasion créé deux cartes, complètement spontanément, à l’aide de deux photos prises avec l’appareil photo de ma maman lors d’une balade près d’une petite chapelle dans l’Aveyron (un lieu aux très jolies énergies d’ailleurs).
Ensuite il nous fut demandé des textes pour agrémenter les cartes. Là encore, tout est venu très vite. Quel plaisir quand l’écriture coule de source! Je me dis aussi qu’on est facilement philosophe quand on est inspirés mais dans le feu de l’action de la vie ce n’est pas aussi évident!
Enfin, je partage ces petites oeuvres. Qui sait, peut-être ferais-je un jeu complet sur ce modèle?…

Tu es enfant de la Terre.
Tes os, tes chairs, tes cheveux, tes dents…chaque atome, chaque molécule de ton corps t’ont été prêté par la Terre-Mère pour pouvoir jouer au Grand Jeu de l’incarnation.
Tant que ton âme l’anime, ton corps est un magnifique organe de perception du Divin, par lequel le Père fait l’expérience de la matière, des sensations, des émotions…
Savoure de tous tes sens l’expérience humaine !
Quand le moment sera venu, tous les éléments qui te constituent retourneront à la Terre et tu pourras revenir vers le Père en disant :
« Voilà, c’est moi. Je suis revenu. C’était un beau voyage. Un grand merci. »

Tu rêves de t’envoler.
Tu imagines tes ailes déployées, l’impulsion qui te propulse vers le ciel, l’ivresse des hauteurs, la libération de ce qui te pesait…
Or, le danseur le sait bien: plus l’appui est solide, plus le saut sera réussi.
Alors, au moment de bondir, remercie toutes les fois où tu t’es élancé pour retomber ensuite, remercie la terre sur laquelle tu t’appuies pour bondir, remercie le temps qu’il t’a fallut pour accumuler les forces qui te permettent aujourd’hui de faire ce grand saut.
Car tous contribuent aujourd’hui à la réussite de ton envol.